Je laisse le RAW de côté pour photographier en JPEG (simulations de films)

👉 Pensez à jeter un oeil à notre nouvelle chaine YouTube The Windy Burrow si vous aimez l'outdoor, la randonnée (silencieuse), le slow living.

Voilà presque 15 ans que je photographie en RAW, depuis que je possède un appareil photo numérique qui le permet en fait, cela a été mon format favori comme pour ainsi dire tous les photographes de nos jours. Mais voilà un moment déjà que passer du temps devant Lightroom me blase de plus en plus, avec l’âge le post-traitement me lasse. D’une manière générale, la tendance à faire de la photo de paysage que je désigne de « technique », c’est à dire parfaite, avec beaucoup de corrections pour être qualitativement – d’un point de vue technique j’entends – au top me laisse plutôt de marbre.

Il manque quelque chose à mon goût, il manque de l’âme, il manque un côté analogique, un côté vraiment artistique sans tomber dans la pure technique. Ceci est très personnel, mais j’arrive de moins en moins à comprendre le fait d’aller faire un shooting quel qu’il soit, avec la sécurité du RAW et ensuite de passer des heures devant un écran à développer et corriger ses photos, comme le RAW permet beaucoup de choses. Le gros du temps devrait être passé à prendre des photos non ?

Fujifilm X-T3 - Helios 44-M4 - Creamy Color simulation
Fujifilm X-T3 – Helios 44-M4 – Creamy Color simulation – SOOC

C’est là que mon passage à Fujifilm à quelque peu changé mon regard sur la photo en 2021.

Je passe en JPEG

Fujifilm est connu et reconnu pour sa maîtrise de la qualité de l’image, en particulier de la couleur. Mais que signifie une telle assertion ? Je ne saurais y répondre précisément car je découvre encore le monde Fuji, mais ce que je peux dire c’est que même après toutes ces années à enregistrer en RAW et en connaissant ses immenses bénéfices, j’ai décidé de passer en JPEG, au moins pour un temps et de voir comment cela se passe.

Les simulations de films Fujifilm et les recettes

Cette envie de passer en JPEG n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe sans raison, outre la lassitude du post-traitement, c’est bien une certaine philosophie Fuji avec ses simulations de films argentiques qui m’a donné envie.

Fujifilm X-T3 - Helios 44-M4 - Creamy Color simulation
Fujifilm X-T3 – Helios 44-M4 – Creamy Color simulation – SOOC

Les appareils Fuji permettent de configurer des recettes avec différents réglages qui vont simuler des célèbres – ou moins célèbres – films argentiques. Sur le X-T3, il y en a 10 :

  • PROVIA : Le mode standard qui s’adapte à plusieurs variétés de scènes.
  • Velvia : Reproduction des couleurs primaires vives. Idéal pour la photographie de paysages et de nature.
  • ASTIA : Des teintes douces associées à des couleurs saturées.
  • ACROS (+ filtres) : Nouveau mode monochrome avec de riches dégradés.
  • CLASSIC CHROME : Ajoute de la profondeur au style documentaire.
  • PRO Neg. Hi : Restitution naturelle des teintes chair.
  • PRO Neg. Std : Des teintes douces avec une faible saturation pour des instantanés uniques.
  • ETERNA : Couleurs douces avec de riches tons dans les ombres, parfait pour la vidéo.
  • MONOCHROME (+ filtres) : Le mode monochrome standard qui s’adapte à une grande variété de scènes.
  • SEPIA : Des tonalités sépia chaudes pour un effet rétro.

Mais à ceux-ci s’ajoutent la possibilité de configurer soi-même des recettes en modifiant ces paramètres :

  • La simulation de base (parmi celles ci-dessus)
  • Dynamic Range
  • Highlight
  • Shadow
  • Color
  • Sharpening
  • Noise Reduction
  • Grain
  • White Balance (avec ajustement des tons)

Tous ces paramètres se configurent et il est possible de sauvegarder jusqu’à 7 recettes personnalisées.

Fujifilm X-T3 - Helios 44-M4 - Creamy Color simulation - SOOC
Fujifilm X-T3 – Helios 44-M4 – Creamy Color simulation – SOOC

Un très bon site pour des recettes de qualité est le site fujixweekly.com de Ritchie Roesch. Si vous voulez expérimenter vous-même, voici comment sauvegarder une recette.

Sauvegarder une recette

Les manipulations ci-dessous sont pour le X-T3, les étapes ou les menus peuvent être légérement différents avec d’autre appareils Fujifilm.

  • Faire tous les ajustements des paramètres mentionnés plus haut pour arriver à la simulation désirée.
  • Aller dans le menu IQ, puis Edit/Save Custom Settings :
    Menu IQ - Edit/Save
  • Sélectionner un emplacement où enregistrer la recette :
    Menu IQ - sélection d'un emplacement libre
  • Pour enregistrer les paramètres réglés au premier point, appuyer sur Save current settings :
    Menu IQ - Enregistrer les paramètres actuels
  • Utiliser le bouton de retour arrière (back) pour sauvegarder cette nouvelle recette :
    Menu IQ - Enregistrer la recette
  • Sur le X-T3 il est possible de donner un nom à ce paramétrage personnalisé, il faut alors retourner dans Edit/Save custom settings, puis page 2, choisir Edit custom name :
    Menu IQ - Edit custom name
  • Choisir un nom :
    IQ menu - choisir un nom
  • Après avoir appuyer sur Set ci-dessus, il faut comme avant revenir en arrière (Back) pour enregistrer le nom de la recette :
    Menu IQ - EnregistrerNote : le message de confirmation affiche toujours le nom par défaut (Custom 1, Custom 2, Custom 3, etc)
  • C’est sauvegardé avec un nom personnalisé :
    Menu IQ - nom personnalisé

Pour sélectionner une recette personnalisée, c’est très simple :

  • Toujours menu IQ, page 3, il faut choisir Select custom setting :
    Menu IQ - choisir une recette personnalisée
  • Sélection de la recette :
    Menu IQ - choix de la recette personnalisée

Et voilà.

Astuce : pour accéder encore plus rapidement à ces paramétrages, il suffit d’appuyer sur le bouton rapide Q, la grille s’affiche :

Menu rapide Q

Et d’appuyer une seconde fois plus longuement sur le bouton Q, ce qui amène directement à la page des 7 recettes personnalisées :
Menu rapide Q - choix de la recette

Recette Creamy color

J’aime beaucoup les ambiances moody, les atmosphères dramatiques, extrêmes, ayant de la personnalité. C’est pour cela que j’affectionne particulièrement la recette Creamy Color d’Immanuel Sander qui est parfaite pour des ambiances de mauvais temps, nuageuses, de pluie ou les couleurs sont ternes et sombres. Les photos de cet article utilisent cette recette qui est en C1 chez moi. Ce sont toutes des photos SOOC (Straight Out Of Camera – directement issue de l’appareil, sans aucune retouche ou correction).

Fujifilm X-T3 - recette Creamy color - SOOC
Fujifilm X-T3 – Helios 44-M4 – Creamy Color Simulation – SOOC
Fujifilm X-T3 - Helios 44-M4 - Creamy Color simulation - SOOC
Fujifilm X-T3 – Helios 44-M4 – Creamy Color simulation – SOOC
Fujifilm X-T3 - Helios 44-M4 - Creamy Color simulation - SOOC
Fujifilm X-T3 – Helios 44-M4 – Creamy Color simulation – SOOC
Fujifilm X-T3 - Helios 44-M4 - Creamy Color simulation - SOOC
Fujifilm X-T3 – Helios 44-M4 – Creamy Color simulation – SOOC
Fujifilm X-T3 - Helios 44-M4 - Creamy Color simulation - SOOC
Fujifilm X-T3 – Helios 44-M4 – Creamy Color simulation – SOOC

Sympa non ? Et vous est-ce que vous utilisez les simulations de films sur votre Fuji ?

Share

2 commentaires pour “Je laisse le RAW de côté pour photographier en JPEG (simulations de films)

  • Hervé

    (21 décembre 2021 - 8 h 34 min)

    Bonjour,
    J’ai aimé votre article sur le RAW. Bon ayant quelques décennies de plus, j’ai donc « goûté » aux joies du numérique après un long passé en argentique en continuant mon aventure photo dans la même marque assez célèbre.

    Il s’est trouvé qu’au début l’emploi du RAW était quasi indispensable, pour obtenir un minimum de similitudes entre l’argentique et le numérique, donnant en plus cette petite impression sournoise de faire du « développement »….
    Bref la technologie a fait son chemin, améliorant tout au passage, me faisant d’une part oublier des principes de base de l’Argentique lors de la prise de vue et d’autre part passer un temps incroyable sur mon fauteuil à « triturer » mes photos.
    Comme vous, ça m’a gonflé grave, et ait presque arrêté la phot qui était une passion.
    Puis FUJI est arrivé.
    Troublé, charmé peut être, j’ai acheté un X-PRO1 dès le début.
    Première photo, je me suis exclamé « Bordel, il restitue fidèlement ce que j’ai vu ». Dans le mois qui à suivi, j’ai revendu tout mon matériel si chèrement acquis. Et l’aventure FUJI à débuté et continue toujours.

    Pour en revenir au format RAW, Je ne vais pas dire qu’il est inutile, mais presque. Si l’on reprends les « standards » de l’argentique et qu’on les appliques au numérique, le jpeg est amplement suffisant (je viens du monde de la diapo aussi).
    La persistance du RAW dans l’esprit de beaucoup ou ce format est l’expression ultime, n’est que pure idéologie technologique.
    Le jpeg est une discipline, avec des ressentis beaucoup plus proches de l’argentique., qui pour moi, m’ont fait retrouver l’envie de faire des photos, réfléchies aussi. Car tout se passe à la prise de vue.
    Je réserve le RAW, dans des cas ultimes, ou je sais que la technicité de l’appareil ne pourra reproduire ce que je vois, je tenterais ensuite « d’extraire » une image.

    Alors « Utilisez vous les simulations de film », la réponse est oui, bien sur. Grace à l’avancée technologique elle permet instantanément de changer de « bobine de film ». Mais j’ai encore été plus loin, voulant retrouver mes sensations de l’argentique qui pendant tant d’années m’ont apporté d’énormes satisfaction.
    Donc aujourd’hui je ne fonctionne principalement avec deux modes LA COULEUR ou le NOIR et BLANC.

    Je remercie encore les auteurs ayant mis gratuitement à disposition des simulations reproduisant quasi parfaitement certaines pellicules argentiques d’une époque révolue. Après quelques modifications perso, je retrouve aujourd’hui les joies sur mes fuji, de photographier avec mes pellicules (papier et diapo) Kodak et Ilford (ainsi qu’une fuji).
    Le seul hic, c’est que l’ont ne puisse pas faire un braketing de ses simulations.

    • fabien

      (22 décembre 2021 - 7 h 58 min)

      Bonjour Hervé,
      Et merci pour ce commentaire ! C’est toujours très intéressant d’avoir le point de vue et l’avis d’autres photographes sur ce genre de sujet.

      J’ai pratiqué l’argentique dans les années 90, mais jamais la partie développement que je confiais à un labo.
      Les simulations Fuji et généralement la qualité des JPEG Fuji sont superbes et oui, donnent envie de photographier sans la prise de tête du post-traitement comme « avant », directement en JPEG comme lorsque nous mettions telle ou telle pellicule dans le boitier. Il faut penser à tout dès la prise de vue.

      Ensuite, c’est un choix artistique également, pour beaucoup de domaines de la photo, le RAW est indispensable pour garder une maîtrise la plus totale de la photo finale. Moi j’oscille entre les 2, souvent en double enregistrement RAW+JPEG.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.